07h30. Soleil déjà haut. Dans l'allée centrale de l'hôpital
du Fonds Social du Kivu (FSKi) à Walungu, l'activité est intense.
On se rend à la réunion quotidienne pour la relève : les
infirmières de nuit relatent les événements des dernières heures
: le bébé arrivé fiévreux et très somnolent s'est bien
réveillé après réhydratation et administration d'antipyrétiques.
Quatre mamans ont accouché de nouveau-nés qui dorment paisiblement
dans leurs berceaux de toile sous la moustiquaire. Une
formation-minute est donnée sur l'usage de tel médicament. On
échange quelques nouvelles et chacun s'en va à ses occupations.
A plusieurs milliers de kilomètres de là, en Belgique, on
procède de même : autour d'un café bien chaud, les informations
sont transmises patient par patient ; on réfléchit ensemble à la
stratégie à adopter pour le diagnostic, le traitement, l'approche
de la famille de tel malade.
Retour au Kivu. Le matin est le moment d'un tour complet de
chaque salle. Les malades sont examinés, les pansements refaits,
les traitements adaptés. La nuit passée, deux patients sont partis
sans crier gare ; ici on parle d'évasion. Le taux de recouvrement
des frais ne dépasse pas 40% à Walungu, contre près de 97% en
Belgique… Une urgence se présente : douleurs abdominales aiguës.
Le diagnostic est rapidement posé sur la seule base de l'examen
clinique, c'est-à-dire par les cinq sens, les dix doigts et
l'expérience : une péritonite. La salle d'opération est
préparée. Faute de courant sur le réseau public, on allume le
générateur, un ronron qui rythme la vie de l'hôpital et signale
l'activité du chirurgien. Après cette intervention est prévue une
réunion du comité de gestion de l'hôpital. On y règle les
problèmes de la vie de tous les jours : comment payer les soignants
;
malades insolvables de plus en plus nombreux, suite à la pauvreté
et à l'insécurité ; questions administratives, etc.
Le médecin qui consulte, le chirurgien qui opère, le directeur
qui pilote l'hôpital FSKi et intercède avec son pouvoir
organisateur et avec les ONG, ne sont qu'une seule personne. Il est
reparti pour Walungu après un mois de
stage à la Clinique St-Jean à Bruxelles. Financé par notre ONG,
ce voyage lui a permis de se ressourcer, de nous rencontrer ainsi
que d'autres ONG pour discuter de projets d'appui à l'hôpital FSKi
en 2008.
Le soir tombe sur Bruxelles et Walungu. Les veilleurs de nuit
prennent ici et là-bas leur tour de garde : transmission de
l'information utile, premier tour des patients, prise en charge
d'une urgence médicale ici, de quatre blessés traumatisés là-bas…
Les équipes belges et congolaises travaillent dans le même but.
Seuls diffèrent la sécurité, les moyens et la justice.
Merci de
votre générosité qui nous permet de continuer à appuyer
l'hôpital de Walungu !
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