S'il
est bien une caractéristique des pays en développement, c'est la
jeunesse des populations. Une ribambelle d'enfants vous escorte
immanquablement lors de toute visite au village ou aux centres de
santé répartis de la zone qui dépendent de l'hôpital FSKi de
Walungu.
A l'heure d'aller en classe, les pistes sont bordées de files
compactes d'écoliers. Plus tard, la cour de l'école devient
terrain de football pour ces jeunes enfants qui vous abordent,
avides d'une rencontre ou d'un contact avec l'étranger de passage.
En République Démocratique du Congo (RDC), tout comme dans
beaucoup d'autres pays en développement, la pyramide des âges
montre une démographie bien assise sur sa base, à l'inverse du
déséquilibre qui menace les pays industrialisés, dont la
population active décroîtra bientôt.
Derrière cette image jeune et accueillante se cachent des
réalités moins riantes. La femme congolaise assume souvent le
travail aux champs en plus de l'éducation des enfants, sans compter
les nombreuses grossesses et leurs risques inhérents. La mortalité
néonatale reste très élevée, principalement pour des raisons de
suivi pendant la gestation et d'hygiène lors de l'accouchement.
Une statistique effrayante : un petit enfant en RDC a une chance
sur cinq de mourir avant l'âge de 5 ans des suites d'une infection
respiratoire ! Il est fréquent d'entendre les toux grasses de tout
jeunes, accrochés au dos de la maman ou de la grande sœur. Faute
de médicaments mais surtout de soins de base, les poumons
s'encombrent et l'infection s'installe, requérant des moyens bien
plus importants, souvent indisponibles ou impayables. En Europe, les
parents de jeunes enfants connaissent bien la kinésithérapie
respiratoire : par des moyens manuels simples, on provoque
l'expectoration et le dégagement des voies respiratoires, meilleure
prévention de la pneumonie. Un projet utile serait d'éduquer les
mamans africaines à pratiquer ces gestes simples mais salvateurs.
La kinésithérapie est-elle vraiment un luxe dans les pays en
développement ? Nous entamons une réflexion dans cette approche
préventive.
En cette période de fin d'année que tant d'enfants dans le
monde attendent avec beaucoup d'impatience, nous vous remercions
pour le soutien au long cours apporté à cette zone de santé
particulièrement déshéritée.
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